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Séamus et le Père-Noël : le rêve d’un leprechaun

Séamus et le Père-Noël : le rêve d'un leprechaun

Voici un conte de Noël irlandais tout droit sorti de mon imagination, que j’ai écrit pour mêler à la fois la magie de l’Irlande, et celle de Noël. Je l’ai voulu pour petits et grands rêveurs, et pour se faire, je l’ai d’abord écrit pour ma fille, en me demandant sans cesse si cela lui plairait.

Je peux le partager ici aujourd’hui, après avoir eu son aval. 😊

Petit glossaire d’avant lecture pour ce conte de Noël irlandais :

  • Un leprechaun est un petit personnage du monde invisible et des légendes irlandaises. Cousin des korrigans bretons et des brownies écossais. Se prononce approximativement « lé-preu-cône ».
  • Le poitín est un alcool distillé irlandais. Se prononce approximativement « potchine ».
  • Séamus est l’équivalent irlandais du prénom James. Se prononce approximativement « chaymoss ».

Séamus et le Père-Noël : le rêve d’un leprechaun

Séamus vivait au cœur de la campagne irlandaise, un territoire aux milles verts et collines peuplé de Petits Êtres, et de Grands Êtres, ces derniers aussi appelés Humains. Les Petits Êtres étaient invisibles pour les Humains, car ils vivaient dans un monde de magie, un monde invisible pour les yeux des Grands Êtres. Bien des créatures vivaient dans ce monde. Parmi elles, les leprechauns, petits êtres fourbes au rôle bien défini : celui de fabriquer des souliers pour les fées, passionnées de danse.

Séamus était un leprechaun très apprécié des fées, car il était capable de fabriquer des centaines de paires de chaussures de qualité là où les autres leprechauns n’en produisaient que quelques dizaines. Il faut dire que Séamus était un cordonnier, sans rien de particulier, qui faisait des souliers si jolis, si légers, que la vie des fées semblait un peu moins lourde à porter (ceci, rapporté par mon ami Jean-Jacques). Il consacrait sa vie à sa tâche, chaque jour, afin que les fées puissent danser et s’amuser continuellement dans les innombrables rassemblements de danse qui rythmaient leur quotidien (c’est qu’elles en usaient, des paires de chaussures !).

Quand il ne travaillait pas, Séamus s’aventurait parfois dans les maisons des Grands Êtres, y chaparder quelques pièces afin de constituer son trésor, qu’il cachait bien précieusement, non pas au pied d’un arc-en-ciel comme le croyaient bêtement les Grands Êtres (c’est ce que les Petits Êtres leur avaient fait croire depuis la nuit des temps), mais au cœur d’un fort féérique, comme il en existe de nombreux en Irlande.

Séamus avait un rêve cependant. Un seul. Tous les ans à l’approche de Noël, il écrivait une lettre avec sa plume, sur une jolie feuille de trèfle soigneusement choisie. Il aimait écrire sur les trèfles, car il disposait de trois fois plus de place que sur de simples feuilles. Et il en avait besoin, de la place, pour écrire sa longue lettre qu’il destinait chaque année… au Père-Noël ! Tous les ans depuis 853 ans, depuis qu’il savait écrire, il rédigeait donc soigneusement son courrier au Père-Noël.

Que pouvait-il bien lui écrire, au Père-Noël, depuis 853 ans ? Eh bien, toujours la même chose, car le Père-Noël ne lui avait jamais répondu ! En effet, le Père-Noël ne semblait s’intéresser qu’au monde des Grands Êtres, qu’il couvrait tous les ans de cadeaux quelques jours après le solstice d’hiver. Le solstice d’hiver, dans le monde des Petits Êtres, étaient l’un des jours les plus importants de l’année, et de grandes fêtes étaient organisées partout en Irlande ! En effet, c’est à cette époque, celle du solstice d’hiver, que les jours étaient les plus courts dans l’année, et pour les Petits Êtres, cela était l’occasion de nombreuses célébrations ! Mais Noël, chez les Petits Êtres, on ne s’en souciait guère : c’était une fête d’Humains, pas du Monde Invisible !

Pourtant, Séamus rêvait de voir le Père-Noël en personne, parce qu’il avait entendu des histoires chez les Humains, lorsqu’il s’introduisait dans leurs demeures. D’ailleurs, il réalisait bien plus de ces escapades les soirs de décembre, lorsque le temps étaient trop mauvais dehors, et que les Grands Êtres se réunissaient près de la cheminée, pour de longues veillées. Là, il se tapissait dans un coin de la cuisine, ou sous des sacs de tourbe, dans l’obscurité, et écoutait. Il écoutait tous ces contes de Noël et les histoires de ceux qui avaient entendu le Père-Noël, parfois, dégringoler la cheminée, par là où il pénétrait pour faire ses livraisons, la nuit de Noël. Ces histoires racontées par les Grands Êtres avaient d’ailleurs fini par inspirer notre leprechaun : dans sa petite maison tapie au pied d’un rocher, Séamus avait construit une immense cheminée. Il se disait qu’avec cette cheminée, forcément, le Père-Noël distinguerait sa maisonnette, et qu’il saurait qu’il doit y passer. Mais jamais le Père-Noël ne s’était invité chez Séamus.

En fait, du monde des Petits Êtres, Séamus apercevait tous les ans le traineau du Père-Noël passer dans le ciel irlandais, laissant sur son passage une trainée de poussière d’étoiles dorée qui scintillait bien plus que tous ses pots d’or réunis ! Mais jamais encore le Père-Noël n’était passé déposer de cadeaux chez Séamus.

Envie d’un autre conte irlandais ? Lisez ma version de cette légende d’Halloween !

Cette année encore, Séamus avait envoyé sa lettre au Père-Noël, à l’adresse qu’il avait entendu chez les Grands Êtres, une contrée qu’on appelait… Pôle Nord ! Mais cette fois-ci, il avait décidé qu’il ne se contenterait pas d’attendre et de voir le traineau passer dans le ciel depuis chez lui. Non ! Cette année, il irait attendre le Père-Noël, au pied d’une cheminée, dans une demeure voisine du monde des Grands Êtres !

Il savait bien pourtant, il avait entendu les Grands Êtres le répéter de nombreuses fois : le Père-Noël ne passait que si tout le monde était endormi, car pour une raison que tous ignoraient, il refusait de se montrer durant la tournée de sa Grande Livraison. Mais Séamus attendait depuis si longtemps ! Il avait espéré des nuits entières, depuis 853 ans, de se réveiller un matin avec des cadeaux déposés près de la cheminée. C’est que c’est long, 853 ans, vous savez !

Bien sûr, il y eut des années où Séamus était resté éveillé, et c’est ainsi qu’il avait aperçu le Père-Noël passer dans le ciel et livrer tous ses colis dans le monde des Grands Êtres. Mais puisqu’il savait que le Père-Noël ne passait que si l’on était endormi, il avait pris l’habitude la nuit de Noël, de dîner d’une tisane de cannelle et de camomille, agrémenté de quelques clous de girofle et de trois gouttes de poitín distillé par ses soins, pour être certain de s’endormir comme un enfant dont il avait encore le cœur.

Alors cette année, puisque le Père-Noël ne voulait pas passer chez lui, il irait le trouver lui-même, et l’attendre toute la nuit s’il le fallait !

À suivre…


Vous venez de lire le premier volet de ce conte irlandais de Noël, « Séamus et le Père-Noël« .

Suivez-moi sur la page Facebook de Raconte-moi l’Irlande ou sur Instagram pour être certain d’avoir la suite des aventures de Séamus ! … Desormais publiée et accessible en cliquant ici. 😉

Et bien sûr, partagez avec petits et grands rêveurs d’Irlande… et de Noël ! 😉

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